Diplômée de l'Atelier Chardon-Savard et lauréate du festival international des jeunes créateurs de Dinard 2006, Valetine Gauthier nous surprend au travers d'une femme élégante et décalée, féminine et androgyne.
Dès ses débuts dans l’univers de la mode Valentine Gauthier détourne avec ironie les codes d’une vision convenue et linéaire du womans’s wear. Retrochic, hyperfemminine, parfois classique dans la simplicité des coupes et dans le choix des matières nobles, sa mode semble avoir intériorisé plusieurs révolutions pour revenir enfin à une légèreté. Le festival international des jeunes créateurs de Dinard la consacre en 2006 où elle remporte le grand prix femme ainsi que le prix des dentelles et broderies pour une robe de mariée aux allures glam-rock qui joue sa subtile et joyeuse ironie sur le côté raffiné et traditionnel de la dentelle brodée.
C’est ce système d’opposition qui définit sa femme, élégante et décalée, féminine et androgyne… Un melange qui laisse s’entrochoquer differentes inspirations et qui definit l’allure des ses silhouettes. Sa femme sait jouer avec le vêtement et incarne une façon amusée et nonchalante de vivre la mode.
Sa deuxième collection de prêt-à-porter féminin présentée au cours du salon Atmosphère d’hiver porte de Versailles en février 2007, continue le côté simple et travaillé du vêtement et intègre une ligne de maille tricotée main par l’association GRUTECA de femmes rurales en Uruguay, dans un souci de commerce équitable. Éloge de la légèreté.
La légèreté devient le principe non seulement matériel mais aussi formel de sa dernière collection. Les silhouettes sont légères, fluides ou vaporeuses - coton, soie, satin – se compliquent autour d’un détail. La simplicité des tuniques gréco-romaines et méditerranéennes est relevée par la finition et se sublime dans les détails : des cols brodés or, des poches, des manches molletonnés et surpiqués ou des plastrons aux pattes de boutonnages colorées et interchangeables…
C ‘est dans un univers onirique aux allures surréalistes que Valentine Gauthier met en scène son modèle. Dans le sable baigné de la lumière du Sud, une moderne sirène - mi-déesse mi-sorcière, coiffée avec des coquillages et des crustacés, joue son « drame surréaliste » en mangeant des cuisses de poulet. Les petites robes en maille tricotée main (Gruteca) s’alternent au satin ou à la soie qui jouent sur une vaporeuse fluidité ou sur des volumes plus construits. Le noir et le gris pour le soir rythment la palette des couleurs claire et matinale. Une ligne de jean en coton et soie et une ligne de chaussures complète cette collection. Élégante et exubérante, sobre et excessive, la femme de Valentine Gauthier déconstruit les codes et l’image normative du fashion pour nous proposer une mode imprégnée d’humour et d’auto ironie qui vole légère sur les anciennes comme sur les nouvelles mythologies.